La Vérité Comme Outil, Pas Comme Monument — Sur Carlin, la Parabole et le Travail de la Vérité Indirecte

La Vérité Comme Outil, Pas Comme Monument — Sur Carlin, la Parabole et le Travail de la Vérité Indirecte

L’habitude moderne consiste à traiter la vérité comme une proposition : l’énoncer clairement, la rendre vérifiable, la garder assez stable pour pouvoir la répéter. Si c’était la seule sorte de vérité qui comptait, pourtant, plusieurs des maîtres les plus déterminants de l’histoire passeraient pour des échecs. Kierkegaard a enterré ses propres convictions sous des pseudonymes plutôt que de les signer. Le Bouddha a dit à ses disciples de jeter la doctrine une fois qu’elle avait rempli son office. L’Évangile de Marc fait dire à Jésus qu’il parle en paraboles précisément pour que certains auditeurs ne comprennent pas. Et George Carlin, quatre syllabes à la fois, a passé une carrière entière à faire grimacer son public avant de le faire rire. Rien de tout cela ne ressemble au tribunal, au laboratoire, à l’essai fondé sur des preuves. Cela ressemble à quelque chose construit exprès pour ne pas s’expliquer — et ce dessein est précisément ce qui compte. …

Ce que l'on perd à ne pas traduire — Éveillisme, Oint-isme et le prestige des noms étrangers

Ce que l'on perd à ne pas traduire — Éveillisme, Oint-isme et le prestige des noms étrangers

Faites une substitution simple : partout où apparaît le mot « bouddhisme », écrivez « éveillisme ». Partout où apparaît « christianisme », écrivez « oint-isme ». Rien n’a changé dans les deux religions — seul le nom, traduit plutôt que translittéré. Et pourtant quelque chose casse. Éveillisme sonne comme une retraite bien-être. Oint-isme sonne comme une secte marginale. L’exercice ne coûte rien et révèle beaucoup : combien de l’autorité d’un nom vient non de ce qu’il signifie, mais du fait que, pour l’oreille francophone, il ne signifie rien du tout. …

La Pura Verdad — Ce qu'un magazine chrétien a offert à un incroyant

La Pura Verdad — Ce qu'un magazine chrétien a offert à un incroyant

Enfant, en Colombie, j’étais abonné gratuitement à La Pura Verdad — l’édition espagnole de The Plain Truth, fondée en 1934 par Herbert W. Armstrong et expédiée depuis l’Ambassador College de Pasadena, près de Los Angeles. C’était, sans équivoque, de la littérature évangélique : prophétie, raisonnement sur la fin des temps, une lecture précise des Écritures visant la conversion. Je n’ai jamais été chrétien. Rien de sa théologie n’a pris. Et pourtant je continuais à le lire, numéro après numéro, parce que certains articles étaient excellents — bien documentés, bien écrits, curieux du monde d’une manière qui n’avait rien à voir avec la doctrine. …