Le bouffon, le pouvoir et Zarathoustra — Pourquoi tout trône engendre un fou, et pourquoi le tuer ne marche jamais

Le bouffon, le pouvoir et Zarathoustra — Pourquoi tout trône engendre un fou, et pourquoi le tuer ne marche jamais

Partout où le pouvoir se rassemble dans une seule paire de mains, une figure en habit bariolé apparaît à son côté et se met à rire. On lui permet ce que l’on ne permet à personne : railler la tête couronnée à un bras de distance, dire au dîner ce qui coûterait la sienne à un ministre. Nous rangeons le bouffon de cour parmi le décor médiéval pittoresque, quelque part entre la fauconnerie et la tapisserie. Il n’en est rien. C’est un organe structurel qui pousse partout où le pouvoir se concentre — comme pousse le cal là où l’outil frotte la main encore et encore — et il repousse longtemps après que nous sommes certains de l’avoir aboli. …

21 juin 2026 · 8 min · 1529 mots · Gonzalo Contento