Fernanda del Carpio — La Rectitude, l'Ordre, et le Prix d'Avoir Raison

Fernanda del Carpio — La Rectitude, l'Ordre, et le Prix d'Avoir Raison

Les lecteurs de Cent ans de solitude ont tendance à ranger Fernanda del Carpio dans la case l’insupportable et à passer à autre chose. C’est un réflexe compréhensible et une petite lâcheté, car elle est le personnage du livre dont la conduite se défend le plus facilement sur le papier. Elle tient la maison propre. Elle protège le nom de la famille. Elle impose le deuil, la décence, les horaires, la prière. Presque tout ce qu’elle fait peut se justifier par un principe, et presque tout ce qu’elle fait cause des dégâts. Gabriel García Márquez l’a construite comme une machine destinée à démontrer que ces deux faits sont compatibles. …

Le Poids de la Vie — Contre l'Exigence de Légèreté

Le Poids de la Vie — Contre l'Exigence de Légèreté

La vie s’épaissit facilement. Pas nécessairement de façon tragique au sens littéraire du terme, et pas seulement par la présence indubitable du deuil, de la maladie ou de la catastrophe. Une semaine peut prendre du poids par accumulation ordinaire : un corps qui a besoin de sommeil, un travail qui impose une nouvelle exigence juste au moment où une autre vient d’être satisfaite, une relation qui contient à la fois refuge et obligation, une décision dont les conséquences ne peuvent être connues qu’à leur arrivée. La surprise n’est pas que cela se produise. C’est que nous continuions à le traiter comme la preuve que quelque chose a mal tourné. …