Les formes de l'extraction — et le grand mensonge sur la Chine

L’argument qui continue d’échouer n’est pas l’argument sur quel système est le meilleur. C’est l’hypothèse, enfouie à l’intérieur de cet argument, que les catégories sont stables — que capitalisme, socialisme, mercantilisme, féodalisme désignent quatre arrangements distincts, mutuellement exclusifs, et que l’histoire moderne est celle de l’un d’eux qui gagne. Ils n’ont pas été stables pendant cinq siècles. Ce qui a été stable, c’est quelque chose de plus fondamental : il y a un surplus, et quelqu’un le réclame. La forme que prend la réclamation a changé. La réclamation, non. ...

5 mai 2026 · 7 min · 1461 mots · Gonzalo Contento

Ce ne sont pas des emplois qui disparaissent. Ce sont des emplois qui ne sont pas créés.

Le débat public sur l’IA et le travail est bloqué sur la mauvaise question. « Mon emploi sera-t-il remplacé ? » est le cadrage que tout le monde adopte, parce qu’il a un visuel propre : un robot qui prend une chaise spécifique. Les gros titres adorent ça. Goldman : l’IA va remplacer 300 millions d’emplois. McKinsey : la moitié de toutes les activités de travail automatisable. Le cadre du déplacement promet un événement — une annonce, un licenciement, un communiqué de presse — et les réponses politiques qu’il suggère sont familières : reconversion, revenu universel de base, réglementation. ...

29 avril 2026 · 10 min · 1979 mots · Gonzalo Contento

Le capitalisme : le Minotaure ou Kirtimukha ?

Le livre Technoféodalisme : ce qui a tué le capitalisme de Yanis Varoufakis m’a amené à penser au Minotaure, mais je n’arrivais pas à ne pas penser en même temps à Kirtimukha. J’ai décidé d’écrire un billet comparant les deux mythes et leur rapport au capitalisme. Le capitalisme : un monstre labyrinthique ou une faim éternelle ? Tout au long de l’histoire, les systèmes économiques ont été comparés à de grandes forces de la nature, à des machines de guerre ou à des organismes vivants. Mais si nous nous tournons vers la mythologie, deux figures se distinguent comme de puissantes métaphores du capitalisme moderne : le Minotaure, monstre tapi dans un labyrinthe infranchissable, et Kirtimukha, un visage qui se consume lui-même sans jamais disparaître. ...

7 février 2025 · 3 min · 543 mots · Gonzalo Contento

La petite bourgeoisie aux États-Unis prend-elle enfin conscience de la réalité ?

Les États-Unis ont connu une période remarquable de prospérité économique et de stabilité sociale entre l’après-Seconde Guerre mondiale et le début des années 1980. Durant cette période, la petite bourgeoisie — les petits entrepreneurs, les professions libérales et les travailleurs de la classe moyenne — prospéra comme épine dorsale du rêve américain. Cependant, les dernières décennies ont vu ce groupe faire face à des défis croissants. La question se pose désormais : la petite bourgeoisie prend-elle conscience des réalités économiques et politiques qui ont érodé son ancienne stabilité ? ...

24 janvier 2025 · 4 min · 837 mots · Gonzalo Contento

Fabriqué en Chine contre la Chine « maléfique » : l'hypocrisie mondiale

Dans le monde moderne, la Chine occupe une place indéniable dans l’économie mondiale. La mention « Fabriqué en Chine » est apposée sur tout, des smartphones aux baskets, symbole de la puissance manufacturière du pays. Dans le même temps, « Chine » évoque souvent des critiques acerbes, avec des termes comme « régime communiste » et « État autoritaire » faisant régulièrement la une. Cette juxtaposition révèle une hypocrisie flagrante : le monde dénonce la politique de la Chine, mais prospère grâce à sa production économique. ...

21 décembre 2024 · 4 min · 681 mots · Gonzalo Contento

Les réalités du marxisme, du capitalisme et du socialisme

Les concepts de marxisme, de capitalisme et de socialisme dominent souvent les discussions sur l’économie et la politique. Si chacun représente une approche distincte de l’organisation de la société, leurs mises en œuvre dans le monde réel s’écartent souvent significativement de leurs idéaux. Pour en comprendre les réalités, il est essentiel d’examiner leurs fondements théoriques et la façon dont ils se sont manifestés historiquement. Le marxisme : l’idéal révolutionnaire Le marxisme, ancré dans les œuvres de Karl Marx et Friedrich Engels, envisage une société sans classes où les travailleurs contrôlent les moyens de production. Sa critique centrale porte sur la tendance du capitalisme à exploiter le travail pour le profit. Marx prédisait que cette exploitation conduirait inévitablement à une lutte des classes, aboutissant à un renversement révolutionnaire des systèmes capitalistes. ...

19 décembre 2024 · 4 min · 725 mots · Gonzalo Contento